La loi 78, une farce au détriment du peuple!

Tout comme Claude Jacqueline (voir son article ci-dessous), cette situation me hérisse. Bon, d’accord, je ne demeure pas au Québec pour le moment mais j’y ai vécu toute ma vie (à part les 15 dernières années) et ma famille, mes amis/es et leurs enfants y demeure. De plus, ce n’est pas un question d’affaires et de lois québécoises mais bien d’affaires et de lois canadiennes et internationales. Nous ne sommes malheureusement pas les seuls dans cette situation et si cette enclave à la liberté et l’évolution de notre civilisation n’est pas résolue ou est forcée sur la population par le gouvernement, bien, le reste des gouvernements peuvent très bien utiliser la même méthode et instaurer ces lois stupides sur les autres étudiants au travers le Canada et l’Europe.

Je me rappelle lorsque, encore très jeune, les étudiants sont sortis sur la rue pour la loi 101. Si nous n’aurions rien fait à l’époque, l’anglais aurait pris son pied dans notre culture française et nous aurions été éradiqués. Aujourd’hui encore, les étudiants se lèvent en masse pour leur futur, et je les admire car ils n’ont certainement pas l’exemple de beaucoup de parents. La majorité des adultes de maintenant craignent d’élever la voix, ont peur de proclamer leurs opinions. Ils murmurent dans le noir, derrière les portes fermées et n’osent déclamer publiquement leurs désillusions et leurs révoltes. Oui, certains le font mais il n’y a pas foule derrière eux.

Ce que Claude Jacqueline souligne est vital dans l’avenir de notre province, de nos provinces, de notre pays et de notre monde. Le futur de notre civilisation en dépends. À tout âge, nous avons droit à l’enseignement. Nous avons droit d’évoluer, d’atteindre des buts, de réaliser des rêves. Mais qui a les moyens d’améliorer sa qualité de vie, de sortir des méandres de la pauvreté, de s’élever dans son estime de soi, de manifester enfin ces rêves d’une vie, d’être fier de sa réalisation, de montrer au monde entier que même si on est né pauvre on n’est pas nécessairement né pour un petit pain, quand ces études coûtent les yeux de la tête? Qui a les moyens de payer des dizaines de milliers de dollars à une école ou une université alors qu’ils essaient de survivre sur un minable salaire de 7-8 dollars de l’heure tout en payant un loyer qui ne cesse d’augmenter et un brin de bouffe qui gruge la totalité d’un micro salaire?

Si cette loi passe, il y aura en effet 2 classes dans notre société. Les riches et les pauvres… les dirigeants et les esclaves… et ce n’est pas admissible. Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on est idiot et il y a beaucoup d’enfants et de jeunes sans moyens financiers qui ont une intelligence bien au-dessus de la moyenne… et vice-versa… ce n’est pas parce que papa et maman ont de l’argent pour payer les études de leur enfant que ça veut dire que l’enfant est intelligent et que son Q.I. brille de mille-feux dans le firmament universitaire… au contraire.

Je crois que les jeunes sans argent n’ont rien contre travailler pour payer leurs études mais il ne faut pas exagérer… un jeune qui travaille ne fait certainement pas 60$ de l’heure alors, gouvernement, restez logique. Hmmmm… rester logique? La logique dans tout ça serait-elle d’enrichir les banques qui font les prêts étudiants???

Dans notre société de maintenant, tout coûte de plus en plus cher. Personne n’est satisfait de ce qu’ils gagnent et en demandent toujours plus pour se payer encore plus de gâteries ou pour essayer d’arriver car ils demeurent dans des maisons ou apart qui sont plus “dignes” de leurs standards sociaux ou parce qu’ils veulent se payer le dernier iPad, le dernier portable super puissant, le X-Box et toute la kyrielle de jeux qui vont avec, les gadgets de cuisine hyper sophistiqués, etc…. Tout augmente… la bouffe, l’essence, les loyers, les vêtements. Monde de fous, monde matérialiste, monde de gadgets. Toujours plus de trucs et de “bébelles”.

Sempiternels insatisfaits.

Mais quand il en vient aux nécessités de la vie, les bases qui font de nous des êtres en évolution — que ce soit l’éducation, la santé, le logement — il faudrait que tout reste dans la réalité.

Je suis aussi une éternelle étudiante. J’adore étudier, lire, écrire. Évoluer autant du point de vue personnel que du point de vue social est important dans la vie de chacun.

Les gouvernements d’aujourd’hui dépensent sans compter, se paient des salaires, des voyages et des comptes de dépenses incroyables, investissent des montants astronomiques dans les installations militaires, l’armement et les guerres stupides, la construction de prisons et de camps de détention, et entraînent les budgets dans des déficits monstres. Ils essaient maintenant de récupérer le plus d’argent possible pour remplir leurs coffres sans s’occuper de la détresse dans laquelle ils plongent le peuple. Ils coupent les pensions des aînés sans vergogne, les laissant dans la misère la plus totale tout en payant des dizaines millions de dollars (si ce n’est pas des centaines de millions) dans une campagne contre l’abus et la maltraitance aux aînés alors qu’ils sont les premiers à les abuser… j’ai vu et entendu l’agressivité, l’impudence, le désintéressement total et l’idiotie des agents s’occupant supposément des investigations contre ces pauvres ptits vieux. J’ai été témoins de plusieurs cas où les aînés, maintenant, se retrouvent dans l’incapacité de vivre une vie normale après avoir travaillé dans leur pays toute leur vie… une honte!

Ils veulent augmenter les coûts des études; réduire les soins de santé, réduire au minimum les employés dans les hôpitaux et les écoles tout en employant de plus en plus de gens dans leurs départements gouvernementaux. Ils dépensent sans compter pour changer des milliers d’ordinateurs, des milliers d’écran plats, si ce n’est pas plus car faut faire chic et avoir son nouvel ordi branché sur 2 ou 3 écrans plats… ça fait important. Ces ordinateurs sont pourtant récents mais… bon… et quelques millions aussi pour les nouveaux programmes qui vont avec, et les trainings pour les milliers d’employés car ces programmes sont plus compliqués… et les employés enragent car ça ne fonctionne pas bien et les gens enragent car ça prends 3 fois plus de temps pour être servis. Oh! Et aussi des meubles neufs, des rénovations pour moderniser l’office, des chaises ergonomiques, des fauteuils et des chaises de cuirs fins pour le bureau du patron et des tables de teck pour la salle de conférence, des toilettes qui flush toute seule, des robinets automatiques, du marbre un peu partout. Dans un hôpital où je suis allé récemment, il y avait des centaines d’ordinateurs dans un grand couloir du sous-sol, de même que des appareils médicaux… presque neufs… Pourquoi?

Bref, notre civilisation a besoin d’un brin de ménage, d’un retour aux sources, d’une illumination de la logique humaine… bref… notre civilisation a besoin d’un bon coup de balai car il y a beaucoup d’araignées dans le grenier.

Nous avons besoin de retrouver le chemin vers le RESPECT de l’autre.

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Bulletin électronique Mondialisation.ca
Loi 78 « Loi permettant d’instaurer la dictature pour le bien des nantis, du monde des affaires et de la politique »
par Claude Jacqueline Herdhuin
Le 19 mai 2012
Quand je lis « Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau post-secondaire qu’ils fréquentent », je sens comme une poussée d’urticaire m’envahir…En effet, cet intitulé atteste à quel point notre gouvernement nous prend pour des imbéciles. Il prétend, avec l’adoption de la Loi 78, protéger les droits des étudiants désireux de pouvoir étudier malgré la grève, votée démocratiquement, par les différentes associations étudiantes. DÉMOCRATIQUEMENT. Au Parlement, cet après-midi (le 18 mai), 68 élus ont voté pour cette loi et 48 contre. Le gouvernement de Jean Charest argue qu’il s’agit d’une décision démocratique, les élus représentants du peuple ont exercé leur droit de vote. Une seule chose me dérange : les étudiants recourent aussi au vote et la grève est votée DÉMOCRATIQUEMENT.

Si je comprends bien la logique du pouvoir, quand le Parlement vote une loi, il agit démocratiquement, par contre quand les étudiants votent une grève, ils ne respectent pas les droits des étudiants (minoritaires comme en attestent les votes aux assemblées générales) de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaires qu’ils fréquentent. J’avoue ne pas comprendre, ou plutôt trop bien comprendre. Ce qui est vrai pour nos dirigeants ne l’est pas pour les simples citoyens que sont les étudiants.

Mensonge et manipulation. Le gouvernement de M. Charest n’a pas hésité à recourir aux campagnes de désinformation et de salissage. Les étudiants sont des enfants gâtés, ils refusent de payer cinquante sous de plus par jour (M. Martineau insiste lourdement sur ce chiffre dans son article du 29 avril dans Le Journal de Montréal), alors que dans son article « Faire accroire », paru dans Le Devoir du 28 avril, Denise Bombardier s’efforce de nous démontrer que les étudiants québécois sont bien moins bons que ceux des autres provinces.

Ces derniers mois, nous avons, une fois de plus, pu constater à quel point les médias et le pouvoir avancent main dans la main pour mener une guerre de désinformation. Les étudiants ne sont pas la bande de paresseux, casseurs et irresponsables que l’on voudrait nous faire croire. Ils en ont reçu plein la figure (pour rester polie), nombreux ont été blessés. D’autres ont déraillé (mais pourquoi leur refuser le droit que l’on accorde à la police d’en mettre trop…) Un soir, j’étais en face de la Grande Bibliothèque , la police occupait le boulevard Maisonneuve. J’ai remarqué un policier, la quarantaine, casqué, armé, rempli d’adrénaline à l’idée de se payer de l’étudiant. Je me suis approchée de lui et lui ai demandé poliment si la manifestation avait commencé. Vu mon âge, pour lui, il était clair que je n’étais pas une étudiante (pourtant, je suis étudiante au doctorat!). Il a donc pris le temps de me répondre. Pendant quelques secondes, sa mâchoire s’est détendue. Je l’ai remercié et ai ajouté « ils ont toute ma sympathie ces jeunes ». Dérouté, il m’a souhaité une bonne soirée avant de se retourner vers le square Gamelin. J’ai vu sa mâchoire se contracter, son regard est devenu fixe. Il était prêt à l’attaque.

Jean Charest et ses acolytes savent utiliser cette dualité que nous avons tous. Mi-ange mi-démon. D’autres avant eux l’ont fait. Tiens, je pense à Hitler (celui qui enfermait les juifs dans des camps). Combien de livres n’a-t-il pas fait brûler, combien d’oeuvres d’art n’a-t-il pas fait détruire!

Toute dictature mise sur l’ignorance pour régner. En augmentant les frais de scolarité, le gouvernement ferme les portes des universités aux plus démunis. Ce faisant, il protège une classe privilégiée qui seule pourra se payer des études. Une société à deux vitesses, d’un côté les riches de l’autre les démunis. Les frais de scolarité servent de barrière entre les classes sociales. Je sais… comme dit ma coiffeuse, une femme pourtant très intelligente, « ils (les étudiants) paient bien pour leur cellulaire… pis ils vont dans le Sud ». Ce ne sont pas tous les étudiants que je connais qui vont dans le Sud… Pis, la question n’est pas d’avoir un cellulaire ou non, mais de pouvoir rêver d’autre chose que d’avoir un cellulaire. Les études, c’est pour apprendre, comprendre et rêver à un monde différent. Aller à l’université, n’en déplaise à Mme Bombardier, ce n’est pas seulement pour entrer sur le marché du travail le plus vite possible et devenir enfin adulte (donc un consommateur). C’est fréquenter un milieu où l’argent n’est pas le seul sujet de conversation, un monde où on peut se permettre d’être désintéressé. Je vais à l’université, à cinquante-sept ans, pour le plaisir. Cela ne m’empêche pas d’être adulte, responsable, d’avoir un métier et d’élever ma fille de dix-sept ans. Les études, c’est ce qui, comme lorsque nous étions enfants, nous permet de refaire le monde, de rêver à un monde meilleur, grâce aux connaissances.

Avec la Loi 78, ce rêve est gravement mis en danger. Les droits fondamentaux et civils des citoyens sont niés et le gouvernement nous prépare une société où seules deux classes existeront : les dirigeants et les esclaves. Les premiers, issus de classes sociales aisées, auront fait des études, les autres issus de milieux plus défavorisés n’y auront pas accès et seront condamnés à ne pas avoir d’autres rêves que ceux que leur autorisera la classe dominante.

Claude Jacqueline Herdhuin

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